Gamberge post-spectaculaire, après «Golyplote, mon fils, ne t’en fais point — on est toujours l’allophone d’un autre…»
Espace-chanson Sylvestre, le samedi 5 février 2005.
C’est vrai… je ne séduis pas plus vite que mon ombre, moi. Je crois même que j’assomme, au début. Moi, mon truc, c’est le Transsibérien, l’aller-r’tour Terre-Pluton, ticket dernière classe, près des gogues où qu’ça a pas vu l’ombre d’une serpillère depuis 1917. Je suis au bout d’une attente, fiché comme un noyau de pêche dans le sleeping rectal de mon Transsibérien. Y’a pas à dire… c’en est une grosse ! Des parsecs ! Ceux qui m’aiment m’ont attendu longtemps, m’ont espéré à la toute fin de moi-même. Même qu’ils m’ont pétri toute la tendresse de me bisser ! Après deux rogatons de quand j’ai plus de voix dans la gamelle, nous nous reconnaissons enfin dans une gare d’outre-attente, sur un perron d’outre-patience, dans un regard d’outre-écoute. Patiemment, ils m’ont permis de les mériter. Les voilà, quai d’arrivée, qui m’offrent de porter ma valise, pesante de mon spectacle, pleine de fatigue et d’applaudissements, pleine de mon coeur pour eux, pleine de mon coeur donné. Ils ne disent rien, ils ont ôté leurs mots, se sont déshabillés de tous leurs bruits et gestes. L’espace d’un spectacle, ils sont la mêmeté de n’être plus en désaccord. Je ne me reste plus : ils sont partis avec moi. Je peux crever heureux.
Tiens… je remets ça le 24 prochain :
